Roland Moissette, 39 ans, et son épouse Sophie sont éleveurs laitiers dans l’Yonne depuis 2001.« Notre seule sortie de crise c’est le prix du lait », souligne Roland. Sur 80 hectares d’exploitation, ils produisent 550.000 litres de lait. Pourtant, ils ne réussissent pas à sortir la tête de l’eau.
Ils ont beaucoup investi dans leur élevage et sont arrivés à présent à un taux d’endettement de 100%. Depuis plus d’un an et demi, le coût de production du lait, estimé 300 €/1.000 litres sur le dernier exercice comptable est supérieur à son prix de vente, qui s’est situé entre 270 et 280 €/1.000 litres. Pour Roland et Sophie, c’est une perte de 25€ pour 1000 litres de lait, soit 13750€ pour la production totale.
« On fait ce métier par passion », mais « aujourd’hui on se pose beaucoup de questions », explique Roland. Le couple espère toutefois faire aboutir leur projet de vendre en direct une partie de la production.
Il y a quelques jours nous vous annoncions sur le blog de Beiser que les syndicats de producteurs de lait préparaient une journée d’action pour que les industriels revoient à la hausse le prix du lait.
Cette journée d’action a eu lieu hier (jeudi 12 août) et les syndicats ont finalement obtenu un début d’accord. Comme nous vous l’avions également annoncé dans notre précédent article, les syndicats se rendaient dans certains supermarchés pour coller des étiquettes sur les produits.
Cette opération avait pour but d’informer les consommateurs sur la situation des producteurs de lait. Maintenant que les industriels aient bien voulu passer un accord, l’opération de boycott est suspendue jusqu’à la semaine prochaine.
Alors que les producteurs étaient toujours dans le doute quant au prix du litre de lait livré le mois dernier, Bel (groupe laitier fabricant La vache qui rit) a été le premier groupe laitier à accepter d’augmenter les prix du lait, à hauteur de 10% par rapport à l’an passé.
Rappelons que les transformateurs refusaient d’augmenter les tarifs en mettant en avant l’écart de prix entre le lait français et allemand.
Deux autres industriels, Lactalis et Bongrain (respectivement producteurs de Camembert Président et Caprice des Dieux) ont demandé une reprise des négociations en précisant que le prix devra prendre en compte un indice de compétitivité avec l’Allemagne.
Lactalis a donné son accord « à certaines conditions » pour l’application de l’accord interprofessionnel de l’an dernier (dont nous vous avions parlé dans l’article de début de semaine).
En revanche, Sodiaal ne s’est pas engagé mais a tout de même précisé que la coopérative était favorable aux négociations.
Les syndicats de producteurs de lait français préparent une journée d’action pour demain (jeudi 12 août). L’objectif ? Faire payer la tonne de lait au juste prix aux industriels.
Depuis plusieurs semaines, les syndicats de producteurs de lait visent certaines coopératives qui ne respectent pas l’accord qui avait été conclu l’an passé concernant le prix de la tonne de lait. La dernière opération en date : l’étiquetage de produits dans les rayons de supermarchés. Cette opération a pour but d’informer les consommateurs directement dans les supermarchés.
En début de semaine, les producteurs de lait de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs et de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) ont multiplié ces actions contre les industriels. Ils se sont rendus dans des grandes surfaces, en appelant les consommateurs à boycotter des produits vedettes tant que leur lait ne leur sera pas payé à un prix « équitable ».
Il en est de même dans la Manche, qui est le premier département en nombre de producteurs laitiers. En début de semaine, les producteurs ont sévi dans 59 grandes surfaces et ont poursuivi leur opération d’étiquetage des produits laitiers.
L’opération consiste à coller des autocollants sur certains produits pour sensibiliser les consommateurs et les pousser à boycotter ces produits. Sur ces fameuses étiquettes, on retrouves des phrases comme « Ce produit est fabriqué par une entreprise qui ne paye pas les producteurs de lait ».
Une lettre avait été envoyée aux différents groupes pour l’organisation d’une rencontre, celle-ci doit avoir lieu demain (jeudi 12 août). A l’issue de cette rencontre, les producteurs espèrent une nouvelle rencontre à la table des négociations. En effet, Bruno Le Maire avait affirmé que c’était à l’interprofession de se mettre d’accord et de déterminer le juste prix du lait. Le problème : l’interprofession est un réel échec pour les producteurs car elle n’a pas réussi à s’entendre sur le prix du lait.
Après le 12 août, des représentants syndicaux des producteurs de lait se rendront dans les sièges sociaux des groupes pour demander des comptes aux industriels qui ne jouent pas le jeu. En revanche, les syndicats n’ont pas précisé quel type d’action sera envisagé.